Du 8 septembre au 22 octobre 2011, Ilan Engel Gallery expose pour la première fois des photos d’Arnaud de Gramont aux côtés d’œuvres d’Eric Michel, dans une exposition intitulée « Fluorescence(s) ». Ilan Engel proposera également cette confrontation sur son stand à la foire de Slick, du 20 au 23 octobre 2011.
Après 15 années passées à travailler en tant qu’architecte, Arnaud de Gramont (né en 1960) devient photographe en 2003. Frédérique Destribats explique : « Arnaud garde de sa pratique d’architecte cette attirance profonde tant pour les espaces que pour la lumière qui les façonne et les sculpte. Il a simplement changé de perspective. Il est toujours question d’espaces, de volumes, de lignes et de courbes, de matières, mais à travers l’objectif de l’appareil photographique. » Arnaud de Gramont renchérit : « Je suis fasciné par la lumière d’où ces nombreuses photos urbaines de sources de lumière électrique : de lampes, de néons, d’enseignes lumineuses, de halos ».
La lumière comme structure
C’est ainsi qu’il réalise ses premières séries de photo de nuit. Dans ses traques nocturnes, instinctivement attiré par la tranchante lumière des néons, Arnaud focalise sur une partie de l’espace et l’on voit des formes et des couleurs se détacher de fonds noirs dans une impression de flottement. « J’apprécie beaucoup le cinéma de David Lynch pour ces raisons, pour cette façon unique qu’il a de naviguer dans des endroits, des dimensions dont le regardeur n’arrive pas réellement à déterminer la nature. La photo aussi peut capter ce genre d’émotion. »
Arnaud de Gramont a réalisé plusieurs séries entre Bruxelles, Londres, Paris, New York, Seattle et Berlin, ou encore Chicago. Mais aucun indice ne permet d’identifier la ville où ont été prises ces photos dont la tendance à l’abstraction laisse libre cours à l’imaginaire de chacun.
Après des années passées à déconstruire et reconstruire les espaces qui lui étaient confiés, Arnaud de Gramont ne retient que la lumière dont les lignes et l’épanchement structurent l’image. « Quand la lumière est forcée, explique-t-il, elle crée un éblouissement qui dilue, qui efface la matière, les objets surexposés deviennent moins perceptibles, ils peuvent même devenir sales. »
Dans une confrontation silencieuse, Arnaud de Gramont met à distance le réel qu’il donne à voir comme « matériel dématérialisé » sous l’action de la lumière artificielle. Il nous amène « à remettre en question notre propre perception des espaces, des volumes, des lumières et des couleurs. Fixer l’instant ou l’espace dans l’objectif de l’appareil n’est pas le figer, mais bien lui conférer une autre échelle spatio-temporelle qui nous oblige à un autre regard », commente Frédérique Destribats. Et par ce prisme de lecture qui touche à l’essentiel, il renvoie finalement à l’intériorité de celui qui observe. Le palpable s’abandonne à l’impalpable…
Avec l’exposition « Fluorescence(s) », Ilan Engel crée une résonnance entre les œuvres d’Arnaud de Gramont et celles de l’artiste conceptuel Eric Michel qui joue lui aussi sur la frontière entre le matériel et l’immatériel. Un dialogue captivant, à retrouver sur le stand d’Ilan Engel Gallery à la foire de Slick.
Ilan Engel Gallery, en quelques mots et projets
Inaugurée en 2008 dans le Marais, Ilan Engel Gallery présente une photographie contemporaine et plasticienne. Extrêmement sensible à l’école de Düsseldof mais aussi au travail de Sugimoto, Andres Serrano, Philippe Ramette ou Valérie Belin, Ilan Engel défend des artistes dont le travail est souvent conceptuel, particulièrement autour des thèmes du paysage et de l’architecture, mais aussi sensible et poétique – poésie du quotidien, des corps, de l’instant. « Ce qui m’attire en photographie, c’est entendre le silence », reconnaît Ilan Engel.
► Du 10 au 13 novembre 2011, Ilan Engel Gallery participe au salon Paris Photo. Il compose à cette occasion un accrochage (n°A11) autour de la thématique des « Forêts contemporaines », entre force et fragilité, lumières et ombres. Ilan Engel présente ainsi les énigmatiques lisières de forêts photographiées par l’artiste roumain MihaI Mangiulea, ou encore les bois hantés de Tolstoï, captés par Stephan Crasneanscki. On retrouve également le travail sensible d’Arnaud de Gramont, parti explorer les forêts australiennes en quête d’essentiel.
► Simultanément à Paris Photo, Ilan Engel présentera dans sa galerie un solo-show consacré au photographe japonais Rinko Kawauchi, en collaboration avec la galerie Priska Pasquer, située à Cologne.
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